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Au-delà de 1989 : Promesses et désillusions après les révolutions

Colloque international « Au-delà de 1989 : promesses et désillusions après les révolutions », Prague, 6-7 décembre 2019

Les 6 et 7 décembre 2019, le Centre français de recherche en sciences sociales (CEFRES) a organisé, avec la Faculté des Lettres et la Faculté des Sciences sociales de l’Université Charles, ainsi qu’avec l’Institut d’histoire contemporaine de l’Académie tchèque des sciences, un colloque international intitulé « Au-delà de 1989 : promesses et désillusions après les révolutions ». Ouvert de manière exceptionnelle par les discours du ministre des Affaires étrangères de la République tchèque, M. Tomáš Petříček, et du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française, M. Jean-Yves Le Drian, sur les héritages de 1989 en Europe et les enjeux de souveraineté européenne et de sécurité, ce colloque a réuni plus de 300 personnes (étudiants, universitaires, diplomates, etc.).

2019 est un moment commémoratif majeur pour l’histoire de l’Europe. Quatre thématiques principales ont été explorées cette année dans les milieux académiques : la genèse de l’effondrement du communisme, le « moment 89 », la postérité de 1989 et les conflits mémoriels, le bilan des trente ans. Le colloque de Prague s’est inscrit dans la continuité de ces questionnements en proposant un élargissement dans le temps et dans l’espace et en envisageant les phénomènes post-révolutionnaires dans une visée comparative. Le trentième anniversaire est en effet une occasion unique de penser aux expériences révolutionnaires et aux changements de régimes dans divers contextes historiques. L’angle choisi a été d’étudier les après-révolutions et en particulier les émotions, les représentations et les interprétations paradoxales que ces moments historiques produisent. Le but était donc de réinterroger la notion de révolution à travers les pratiques et les narrations qui concourent aussi bien à sa promotion qu’à son rejet.

Outre la séquence inaugurale à laquelle ont participé les ministres français et tchèque des Affaires étrangères, le colloque a été introduit par Lenka Rovná, vice-rectrice aux affaires européennes de l’Université Charles, Miroslav Vaněk, directeur de l’Institut d’histoire contemporaine de l’Académie tchèque des sciences, et Jérôme Heurtaux, directeur du CEFRES. Après avoir mentionné la genèse de cette conférence, M. Heurtaux a rappelé qu’elle faisait partie d’un cycle de trois conférences internationales organisé conjointement avec le Centre de civilisation française et d’études francophones de l’Université de Varsovie, le Centre de civilisation polonaise à Sorbonne Université et le Centre parisien de l’Académie polonaise des sciences. Le premier colloque s’est tenu à Paris en juin 2019 (Revisiter l’événement 1989 en Europe centrale. Marges sociales, pratiques d’écriture, nouvelles archives) et le second à Varsovie en septembre 2019 (1989 Contested Legacies. The Challenges of the Ideological, Institutional and (Geo)political Heritage). 

La conférence s’est poursuivie par les keynote speeches d’Adéla Gjuričová sur les inégalités de genre avant et après la chute des régimes communistes, et de Georges Mink, qui a proposé de revisiter 1989 comme un spectateur engagé de ce moment particulier de l’histoire européenne. Une table-ronde sur un bilan de l’intégration dans l’Union européenne, offrant des points de vue différents et complémentaires (Ivo Šlosarčík, Marie-Elizabeth Ducreux, Marion Van Renterghem, Michael Žantovský) a conclu cette première journée.

La seconde journée a débuté par le keynote speech de Michal Kopeček, qui a revisité les trente dernières années sous l’angle de l’histoire des idées, et s’est poursuivie avec deux sessions académiques, l’une sur le thème « Promouvoir les révolutions », l’autre sur « Les désillusions après la révolution ». Ces deux sessions ont donné à voir la diversité des approches possibles et ouvert un dialogue comparatif entre les expériences postcommunistes et celles du Monde arabe suite à la chute des régimes autoritaires en 2011. Une session doctorale permettant d’entrevoir les thèmes abordés par la « jeune recherche », ainsi que la projection du documentaire d’Anna Szczepanska « La chute du Mur a commencé en Pologne » (LOOKSfilm/Arte-NDR, 2019), à l’Institut français de Prague, ont conclu cette conférence placée sous le sceau de la richesse des thématiques et de la diversité des formats.

Organisé à l’initiative de l’UMIFRE CEFRES (Centre français de recherche en sciences sociales, fondé à Prague en 1991) conjointement avec l’Université Charles et l’Académie tchèque des sciences, ce colloque est pour le CEFRES son événement public majeur de l’année 2019. Il illustre l’excellente coopération du trio formé par le CEFRES avec l’Université Charles et l’Académie des sciences, réuni depuis 2015 dans une « Plateforme CEFRES » dont la convention vient d’être prolongée pour cinq ans. Cet événement franco-tchèque souligne la qualité des relations des deux pays dans les milieux académiques et la reconnaissance de la place du CEFRES comme centre de recherche et de réflexion au cœur du quadrilatère de Visegrád.

Ce colloque a en outre une dimension centre-européenne, puisqu’il mobilise des institutions polonaises et des chercheurs polonais et slovaques. Il a également une dimension européenne au sens large, impliquant une équipe de recherche financée par un grant du Conseil européen de la recherche (l’équipe « Tarica » spécialisée sur les révolutions arabes) et mobilisant des chercheurs d’autres pays européens (Italie, notamment). Le colloque a réuni quarante-deux participants issus de six pays. Il a eu pour partenaires sept autres institutions, dont l’Institut français de Prague.

Voir le compte-rendu de l’Université Charles :https://cuni.cz/UK-6311.html?news=9058&locale=cz&fbclid=IwAR0-xX9BRjWVH0arh-UX4zL3cEQK1oNxdMImh7qZkyH3sfkxzsuYmgkPcOw

La vidéo du 6 décembre (discours des ministres, keynote speakers, table-ronde) :

Information pour les chercheuses et chercheurs du CNRS

Le Centre français de recherche en sciences sociales (CEFRES) accueille régulièrement des chercheurs du CNRS pour une affectation d’une année renouvelable.

Situé à Prague, le CEFRES est une UMIFRE (Unité mixte de recherche du CNRS et institut français de recherche à l’étranger du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères https://inshs.cnrs.fr/fr/international).

Fortement internationalisé, le CEFRES comprend une vingtaine de chercheurs (doctorants, post-doctorants, enseignants-chercheurs et chercheurs du CNRS) et accueille plusieurs équipes de recherche sur des thématiques et dans des disciplines variées.

L’équipe « Tandem 2018-2019 » dirigée par Ludek Broz (Académie tchèque des sciences) et Virginie Vaté (CNRS) vient d’obtenir un ERC Consolidator Grant pour poursuivre des travaux sur la fièvre porcine et la chasse aux sangliers en Europe. L’équipe dirigée par Benedetta Zaccarello (CNRS) a obtenu un IRN lui permettant de consolider un réseau international de chercheurs autour des archives de la théorie politique. Une nouvelle équipe « Tandem » commencera en 2020 une vaste enquête sur les pratiques mémorielles des minorités vaincues en Europe autour de Michèle Baussant (CNRS) et Johanna Wyss (Académie tchèque des sciences).

Si la localisation du CEFRES à Prague et le périmètre de sa mission élargi aux pays de Visegrad sollicite en premier lieu les spécialistes de l’Europe centrale, les activités scientifiques du CEFRES ne se limitent pas à cette région du monde. Il convient surtout d’inscrire ses recherches dans l’un des axes du CEFRES (Déplacements, dépaysements et décalages ; Normes et transgressions ; Objets, traces, mises en carte http://www.cefres.cz/fr/category/pol-scientifique) et de pratiquer l’une des disciplines des sciences humaines et sociales (littérature, philosophie, science politique, histoire, sociologie, anthropologie…).

Le CEFRES travaille étroitement avec l’Académie tchèque des sciences et l’Université Charles dans le cadre d’une « Plateforme CEFRES », qui recouvre de nombreux projets en commun. Il est donc parfaitement inscrit sur la carte académique tchèque et centre-européenne. Plusieurs chercheurs de statuts et de nationalités différents s’y côtoient au quotidien et font du centre un creuset de la recherche internationale.

Si vous êtes chercheuse ou chercheur au CNRS et souhaitez venir au CEFRES à partir de septembre 2020, il suffit de contacter son directeur, M. Jérôme Heurtaux (jerome.heurtaux@cefres.cz) et de préparer un dossier relativement court, qui devra être adressé à la Direction Europe et international du CNRS avant le 10 février 2020 (https://inshs.cnrs.fr/sites/institut_inshs/files/download-file/mobilite-premiere-demande_1.pdf).

Pour tout renseignement : jerome.heurtaux@cefres.cz

http://www.cefres.cz/fr/category/pol-scientifique

Composition du Comité de gestion 2018-2019

Membres statutaires

  • Pavel Baran, vice-président chargé de la IIIe section de l’AV ČR
  • Lenka Rovná, prorectrice responsable de la problématique européenne de l’UK
  • Jérôme Heurtaux, directeur du CEFRES

Représentants de l’UK

Représentants de l’AV ČR

La Plateforme CEFRES obtient un « Consolidator grant » du Conseil européen de la recherche (ERC)

Au terme de deux années de préparation, l’équipe « Tandem » de la Plateforme CEFRES, menée par les anthropologues Luděk Brož et Viginie Vaté, obtient le prestigieux « consolidator grant » du Conseil européen de la recherche (ERC). Ce succès illustre l’excellente qualité de la coopération franco-tchèque dans le domaine de la recherche en sciences humaines et sociales et souligne le rôle-clef joué par le Centre français de recherche en sciences sociales (CEFRES) comme incubateur de projets européens.

Luděk Brož, chercheur de l’Institut d’ethnologie de l’Académie tchèque des sciences et du CEFRES

Le Conseil européen de la recherche a publié le 10 décembre 2019 la liste des projets de recherche bénéficiant des prestigieux « Consolidator grants ». L’anthropologue Luděk Brož, chercheur à l’Institut d’ethnologie de l’Académie tchèque des sciences et au Centre français de recherche en sciences sociales (CEFRES), a obtenu un financement de 2 millions d’euros pour son projet sur les relations entre les chasseurs, les sangliers et la sécurité sanitaire.

Ce projet, monté en collaboration avec la chercheuse du CNRS Virginie Vaté, résulte de l’étroite collaboration entre le CEFRES, le CNRS, l’Académie tchèque des sciences et l’Université Charles, associés dans la « Plateforme CEFRES » dont la convention a été prolongée le 6 novembre dernier. Lauréats de la première équipe « Tandem », Luděk Brož et Virginie Vaté ont préparé ce projet pendant deux ans (2018-2020), monté un réseau international et organisé plusieurs événements scientifiques internationaux.

La médecine vétérinaire, la chasse et les sangliers sont au centre de ce projet de recherche. Durant les cinq prochaines années, Luděk Brož étudiera avec son équipe les conflits engendrés tout d’abord par la prolifération des sangliers en Europe puis par les risques de contagion de la peste porcine africaine.

Colloque international „Emigrating Animals and Migratory Humans: Belonging, Prosperity and Security in More-Than-Human World“ organisé les 10 et 11 septembre 2019 au CEFRES (Prague). De gauche : Jérôme Heurtaux, directeur du CEFRES, Virginie Vaté, chercheuse CNRS / CEFRES, Giovanna Capponi, post-doctorante du programme „Tandem“.

La peste porcine africaine est considérée comme l’une des plus graves maladies animales de notre temps. Si elle ne se transmet pas à l’homme, elle entraîne la mort des cochons qui la contractent, qu’ils soient sauvages ou domestiques. Son virus très résistant se transmet relativement facilement par contact direct avec un animal atteint, avec leur cadavre ou leurs humeurs. Aucun vaccin n’existe encore contre cette maladie qui menace les élevages du monde entier et par conséquent les économies de nombreux pays.

C’est à partir de la Géorgie en 2007 que la maladie s’est diffusée vers l’Europe et vers l’Asie. Elle est aujourd’hui répandue depuis la Chine jusqu‘à la Pologne et a déclenché des transformations géopolitiques. L’an passé, la Pologne envisageait d’élever une clôture le long de sa frontière avec l’Ukraine et la Biélorussie ; le Danemark termine actuellement la construction d’une palissade sur sa frontière avec l’Allemagne. Comme le note Luděk Brož, „au nom de la sécurité sanitaire, trente ans après le démantèlement du rideau de fer, des grillages apparaissent sur les frontières à l’intérieur de l’espace Schengen“.

Dans le cadre de ce projet, Luděk Brož s’intéressera à l’impact de cette menace sur la communauté des chasseurs. En Europe, ce sont sept millions de chasseurs, le plus souvent amateurs, qui cherchent aujourd’hui, en dialogue avec l’épidémiologie vétérinaire, à redéfinir leur rôle et à renouveler les termes de leur acceptabilité.

D’après son auteur, le projet „ouvre de nouvelles perspectives empiriques et théoriques sur le phénomène de la chasse“ parce que la menace que représente la peste porcine africaine a transformé les sangliers en „cheval de Troie“ qui porte la contagion sur tout le continent européen. Dans ce contexte, la concurrence entre l’homme et le sanglier pour la maîtrise du territoire et de ses ressources se transforme en guerre au sanglier avec ses abattages massifs, ses zones fermées et ses clôtures frontalières“.

Le programme biannuel de la plateforme CEFRES nommé Tandem a servi d’incubateur au projet. Il associe deux chercheurs, un de l’Académie tchèque des sciences et un du CNRS, pour la préparation d’un projet ambitieux.

L’Université Charles renforce l’équipe par le financement d’un post-doctorant. En 2020, une nouvelle équipe Tandem s’installera au CEFRES pour deux ans et réunira Michèle Baussant, anthropologue, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des migrations, Johana Wyss, docteure de l’Université d’Oxford et anthropologue à l’Académie tchèque des sciences et Maria Kokkinou, post-doctorante. Leur projet intitulé « The Europe of Resentment. A Confederation of the Vanquished » étudiera les pratiques mémorielles de plusieurs minorités nationales et populations déplacées en Europe, suite à une guerre ou la décolonisation. Ce projet s’inscrit parfaitement dans la politique scientifique du CEFRES. Il fait également écho à l’actualité des migrations contemporaines en Europe.

Découvrez pour plus d’informations :

https://boar.hypotheses.org

L’équipe des chercheurs au CEFRES 2018-2019

Aníbal Arregui

Contact : anibal.arregui(@)cefres.cz

est en 2019 chercheur à l’Université de Barcelone (Département d’anthropologie sociale) et à l’Université de Vienne (Département d’anthropologie sociale et culturelle) et chercheur associé au CEFRES.  En 2018, Aníbal Arregui était post-doctorant au CEFRES financé par l’université Charles de Prague. Sa recherche, intitulée Animer les sangliers : arcs et flèches dans la politique écologique européenne s’inscrit dans le cadre du projet « Bewildering the Wild Boar » et développe le 2e axe de recherche du CEFRES.

Daniel Baric

est depuis janvier 2019 chercheur associé au CEFRES dans le cadre de ses recherches sur l’histoire des sciences de l’Antiquité en Europe centrale. Son projet centré sur les sources tchèques est intitulé « De la Bohême à l’Adriatique et retour : l’invention de la topographie du patrimoine centre-européen, entre paradigme impérial et contingences nationales (1900-1940) ». Ses recherches s’inscrivent dans les axes 1 (Déplacements,dépaysements et décalages : hommes, savoirs et pratiques) et 3 (Objets, traces, mises en cartes : espaces au quotidien).

Ludĕk Brož

Contact: broz(@)eu.cas.cz

est depuis février 2018 un chercheur à mi-temps du CEFRES dans le cadre du programme TANDEM. Il travaille avec son binôme du CNRS Virginie Vaté sur le projet TANDEM “Bewildering Boar: Changing Cosmopolitics of the Hunt in Europe and Beyond”, dont il est l’initiateur, et contribue au développement de l’axe 2 du centre.

Giovanna Capponi

Contact : giovanna.capponi(@)cefres.cz

est depuis le 7 janvier 2019 et jusqu’au 31 décembre 2019 post-doctorante au CEFRES grâce à un cofinancement de l’Université Charles de Prague. Sa recherche, intitulée Perceptions and politics of wild boar management in Central Italys’inscrit dans le cadre du projet « Déroutant sanglier » et développe le 2e axe de recherche du CEFRES.

Paul G. Keil

Contact : paul.keil(@)cefres.cz

est depuis janvier 2019 un chercheur post-doctorant au CEFRES et membre du programme TANDEM « Déroutant sanglier« . Ses recherches portent sur les relations entre les hommes et les cochons sauvages en Australie.

Chiara Mengozzi

Contact : chiara.mengozzi(@)cefres.cz

est à partir du 1er janvier 2018, après deux années de post-doctorat soutenu par l’Université Charles, chercheuse associée. Ses travaux contribuent aux axes 1 et 2 du CEFRES.

Thomas C. Mercier

Contact : thomas.mercier(@)cefres.cz (à partir du 1er janv. 2018)

est depuis le 1er janvier 2018 post-doctorant au CEFRES grâce à un cofinancement de l’Université Charles de Prague. Il est membre du Département de philosophie allemande et française de l’Université Charles depuis le mois de mars 2018. Sa recherche, intitulée Les Europes de Derrida: Déconstruction, marxisme, démocratie s’inscrit dans le projet collaboratif « Archives et interculturalité » et développe le 1er axe du CEFRES.

Kannan Muthukrishnan

est depuis mars 2018 chercheur associé au CEFRES au sein du programme de recherche “Archives et Interculturalité”. Il est chercheur permanent à l’Institut français de Pondichéry, Inde.

Fedora Parkmann

est depuis le 1er janvier 2019 post-doctorante à l’Institut d’histoire de l’art de l’Académie tchèque des sciences et chercheuse associée au CEFRES. Son projet « Point de vue transnational sur la photographie sociale tchèque : le cas des expositions internationales en Tchécoslovaquie (1933-1934) entre Allemagne, France et URSS » s’inscrit dans l’axe de recherche 1 du CEFRES.

Marianna Szczygielska

Contact: szczygielska(@)cefres.cz

était en 2018 post-doctorante à l’Institut d’ethnologie de l’Académie tchèque des sciences et est actuellement chercheuse associée au CEFRES dans le cadre du projet TANDEM « Bewildering Wild Boar ». Elle est actuellement post-doctoral fellow au Max Planck Institute for the History of Science, Department III Artifacts, Knowledge, Action. Elle travaille sur « Les sangliers sauvages et les fiers éléphants : le développement de l’habitat faunique en Europe du Centre-Est ».

Virginie Vaté

Contact: virginie.vate(@)gsrl.cnrs.fr

est chargée de recherches au CNRS et chercheuse associée au CEFRES dans le cadre du projet TANDEM “Bewildering Boar: Changing Cosmopolitics of the Hunt in Europe and Beyond”qu’elle dirige avec Ludĕk Brož.

Benedetta Zaccarello

Contact: benedetta.zaccarello(@)cefres.cz

est chargée de recherche au CNRS et chercheuse au CEFRES depuis le 1er janvier 2017. Elle travaille sur “L’épreuve du voyage : hybridations des paradigmes et circulation des traditions dans l’écriture de la philosophie contemporaine” à travers l’étude des archives manuscrites des philosophes Jan Patočka et Aurobindo Ghose. Son projet s’inscrit dans l’axe de recherche 1 du CEFRES.

AAC : Espoirs et desillusions post-revolutionnaires

Espoirs et désillusions post-révolutionnaires. Interpréter, promouvoir et discréditer les révolutions.

Colloque international – Workshop d’étudiants en Doctorat et Master

Date : 6 et 7 décembre 2019
Lieu
: Prague
Date limite d’envoi des propositions : 30 octobre 2019
Organisateurs : CEFRES, Faculté des lettres de l’Université Charles, Faculté des sciences sociales de l’Université Charles, Institut d’histoire contemporaine de l’Académie tchèque des sciences et le projet ERC « Tarica« 
Organisé en collaboration avec : l’Institut français de Prague, le Centre de civilisation française et d’études francophones (CCFEF) de l’Université de Varsovie, le Centre de civilisation polonaise de Sorbonne Université, le Centre scientifique de l’Académie polonaise des sciences à Paris, l’UMR LADYSS (CNRS-Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et l’Institut polonais de Prague
Langue : anglais

Dans le cadre de la conférence internationale « Espoirs et désillusions post-révolutionnaires. Interpréter, promouvoir et disqualifier les révolutions », une session particulière est organisée à l’adresse des étudiants en Doctorat ou Master. L’objectif sera de débattre des problématiques et perceptions des situations post-révolutionnaires en Europe centrale et orientale, mais aussi ailleurs. Cette séance se déroulera en plus d’une discussion académique ainsi que d’une séance de débat public sur le sujet.

Important symbole, l’année 2019 est un moment commémoratif primordial en Europe. En effet, marquant les trente ans de la chute des régimes communistes dans les pays d’Europe centrale et de l’Est ainsi que la quinzième année de leur intégration dans l’Union européenne, cette année anniversaire suscite des initiatives politiques, mémorielles et universitaires à travers l’Europe. En un sens, ces interventions cristallisent incontestablement les tensions et controverses qui existent autour des interprétations de « l’événement 1989 », tout comme cela permet de renouveler les analyses existantes concernant les transformations des pays de la région depuis la Révolution de Velours.

Les pays post-communistes présentent aujourd’hui des paysages politiques contrastés. Certes, dans un contexte européen d’universalisation du libéralisme, la démocratie et l’État de droit se sont partout imposés. Néanmoins, certaines sociétés font face à des bouleversements souvent qualifiés d’illibéraux, autoritaires, populistes, ou encore de « révolutions conservatrices ».

Les travaux effectués sur ces sociétés, grâce à des méthodes d’enquête et d’analyse éprouvées, nous invitent ainsi à examiner à nouveau frais « l’événement 1989 », qui demeure un moment clef de notre histoire contemporaine, de même que les transformations intervenues dans les pays d’Europe centrale et dans l’Union européenne.

Ce trentième anniversaire est l’occasion de penser les expériences révolutionnaires et les changements de régime dans des contextes historiques variés. Cette conférence se donne en effet pour objectif d’ouvrir de nouvelles perspectives sur la transformation des régimes politiques et sur les transitions démocratiques. L’Europe post-communiste sera au centre de notre intérêt, de même que le monde arabe ayant connu les mouvements révolutionnaires de 2011 ou encore les pays de l’Afrique sub-saharienne en transition politique. Nous proposons donc pour la première fois de considérer ces révolutions dans une analyse comparative sans hiérarchiser ces mouvements selon s’ils ont abouti ou échoué.

Nous questionnerons la « révolution » comme faisant l’objet d’investissements contradictoires de la part d’une variété d’acteurs et analyserons les multiples interprétations dont elle a fait l’objet : de sa promotion à sa sublimation ou au contraire sa disqualification voire son rejet catégorique.

Les expressions de désillusion qui accompagnent les épisodes révolutionnaires sont loin d’être rares. Il pourrait s’agir d’une règle, si règle il y a en matière de révolution. Presque toujours apparaît un discours de la déception, quelle que soit la trajectoire du changement de régime. Il naît des reculs marqués par les acteurs politiques, des recyclages du régime précédent, des mouvements contre-révolutionnaires et de l’absence de changements sociaux prégnants ou simplement parce que les espoirs portés par la révolution ne se traduisent pas par des actes politiques. Bien que l’espace public soit rempli de ces expressions de déception, jusqu’ici elles ont été très peu prises pour objet par la recherche.

Plusieurs questions justifient pleinement une approche comparative :

I. Décrire et représenter les espoirs et les déceptions

  • Les expressions d’espoirs, d’attentes, de déception de désenchantement et de désillusion sont multiples : discursives, politiques, aussi bien qu’artistiques, littéraires ou cinématographiques. Quelles formes prennent-elles en contexte centre-européen, arabe ou africain ? Quels sont leurs registres lexicaux et moraux ?
  • Quelles formes prend la désillusion qui suit le « retour de l’ancien régime » ? Ce retour est-il un fait objectif ou simplement perçu comme tel ?
  • Quel est l’impact de la persistance des inégalités sociales, du manque de réformes économiques, de la disparition de la souveraineté ?
  • Quels individus, professionnels et groupes sociaux expriment davantage leurs espoirs et lesquels leurs déceptions ? Les expriment-ils individuellement ou collectivement ?
  • Quelles sont les temporalités des déceptions post-révolutionnaires ? Sont-elles exprimées immédiatement ou de manière différée ?
  • Toutes les déceptions sont-elles exprimées ?

II – Compréhension et explication des espoirs et des déceptions

  • Il va sans dire que l’expression des espoirs et des déceptions n’est pas une simple affaire de mécanismes psychologiques collectifs ou individuels.
  • Sur quels mécanismes l’espoir et la déception se construisent-ils ? Quels sont les acteurs spécifiques, les stratégies ou circonstances qui sont en jeu ? Quelles sont les particularités des cadres moraux, éthiques et politiques à partir desquels les désenchantements se développent ?
  • Comme le mentionnait Bronislaw Baczko évoquant le « climat émotionnel créé par les faits révolutionnaires », mais aussi « la recrudescence des peurs et espoirs dirigeant nécessairement la production des imaginaires sociaux », dans quelle mesure le sur-investissement émotionnel fait-il partie de l’effervescence politique ?
  • La désillusion est-elle seulement le produit naturel d’une illusion préalable ? La déception s’imposerait alors d’elle-même comme un miroir des espoirs révolutionnaires. Toutefois, la déception ne peut être réduite à cela tant qu’elle n’est pas la conséquence naturelle des espoirs révolutionnaires. Ainsi les créations et exploitations de déceptions doivent-elles faire l’objet d’investigations.
  • Comment se traduit la déception en termes matériels ? Comment les politiques, émotions, psychologies et vecteurs sociaux s’articulent-ils entre eux ?

III – Emplois et répercussions de la déception

  • Quelles sont les pratiques sociales concrètes de la déception ? Sont-elles communes à toute la société, ou bien seulement à une part de celle-ci ? Comment des entrepreneurs politiques les exploitent-ils, pour en faire une stratégie d’action ?
  • Quelles sont les conséquences de ces déceptions sur la perception des chercheurs et experts concernant les processus post-révolutionnaires ?

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Grâce à la richesse et à la diversité de ces questions, cette conférence vise à rassembler des spécialistes issus de différentes disciplines en sciences humaines et sociales, sans tenir compte des frontières, quelles soient temporelles ou spatiales. Nous nous consacrerons malgré tout à l’Europe centrale contemporaine, au monde arabe et à l’Afrique sub-saharienne. La contribution devra mobiliser des sources originales, et s’appuyer sur des méthodes d’exposé claires (analyse littéraire, histoire orale, sociologie politique, psychologie sociale, etc.). Les étudiants doctorants et jeunes chercheurs sont particulièrement encouragés à soumettre une contribution.

Calendrier

Date limite pour la proposition d’une contribution écrite (500 mots maximum) : 30 octobre 2019.
Sélection des contributions et retours des organisateurs de la conférence : 10 novembre 2019.

Les propositions de contribution (500 mots maximum) doivent être envoyées à jerome.heurtaux @ cefres.cz, au plus tard le 30 octobre 2019.

Ce colloque international est organisé par le CEFRES, la Faculté des lettres de l’Université Charles, la Faculté des sciences sociales de l’Université Charles, l’Institut d’histoire contemporaine de l’Académie tchèque des sciences , et le projet ERC « Tarica ».
En collaboration avec l’Institut français de Prague, le Centre de civilisation française et d’études francophones de l’Université de Varsovie, le Centre de civilisation polonaise de l’Université de la Sorbonne, le Centre scientifique de l’Académie des sciences polonaise de Paris, l’unité de recherche LADYSS du CNRS (Université Paris I Panthéon-Sorbonne), ainsi que l’Institut polonais de Prague.

Ce colloque est le troisième dans le cadre du cycle de trois colloques intitulé « 1989-2019 : au-delà de l’anniversaire, les questionnements autour de 1989 » tenu consécutivement à Paris, Varsovie et Prague, coordonné par Maciej Forycki (Centre scientifique de Paris de l’Académie polonaise des sciences), Jérôme Heurtaux (CEFRES), Nicolas Maslowski (Centre d’études françaises (CCFEF), Université de Varsovie) et Paweł  Rodak (Centre de civilisation polonaise, Université de la Sorbonne).

Coûts du colloque

En raison de fonds limités, les organisateurs pourront prendre en charge les candidats ou participants sous-financés seulement. Il est par conséquent conseillé aux participants de chercher d’éventuels moyens de soutien financier auprès de leurs établissements respectifs, ou de sources de financement extérieures.

Comité scientifique

  • Jérôme Heurtaux, CEFRES
  • Michal Pullmann, Université Charles
  • Miroslav Vaněk, Académie tchèque des sciences
  • Pavel Mucke, Académie tchèque des sciences
  • Eliška Tomalová, Université Charles
  • Alia Gana, ERC « Tarica »