Julien Wacquez : recherche et CV

La grammaire de la vraisemblance : L’attachement à la réalité des praticiens de science-fiction

Axe 1 – Déplacements, dépaysements et décalages : hommes, savoirs et pratiques

Contact : julien.wacquez@cefres.cz

Ma thèse porte sur nos manières de comprendre les affinités entre les récits de science-fiction et l’activité scientifique. Il se trouve que certains de ces récits posent des problèmes qui attendent d’être résolus par l’activité scientifique et que des chercheurs, dans certains domaines disciplinaires, font effectivement usage de la science-fiction pour produire des connaissances ou pour formuler de nouvelles hypothèses de travail. Je m’intéresse donc à la façon dont les récits de science-fiction informent les scientifiques.

J’ai réalisé plusieurs terrains du côté des scientifiques comme de celui des professionnels de la science-fiction (écrivains, éditeurs, critiques) pour saisir quels sont les techniques d’écriture et les critères d’évaluation des textes jugés pertinents, ainsi que les manières de traduire des concepts scientifiques en idées de fiction et des idées de fiction en hypothèses de recherche.

Dans ce travail, la notion de vraisemblance semble être un opérateur de différenciation crucial ; même si les récits de science-fiction évoquent des phénomènes a priori impossibles, le plaisir de lecture survient lorsque ces phénomènes apparaissent comme vraisemblables (« il se pourrait que » ; « et si jamais »). C’est dans cette épreuve de vraisemblance qu’un récit de science-fiction parvient ou non pas à convaincre des chercheurs de la pertinence de l’usage qu’il est possible d’en faire dans le cadre d’une enquête scientifique. C’est aussi – au moins pour partie – dans cette épreuve que le récit peut être catégorisé selon différents sous-genres de science-fiction (comme la Hard Science, le Cyberpunk, le Space Opera, l’anticipation, le slipstream ou, en français, la « transfiction », etc.).

À Prague, je m’intéresse à la façon dont ces différents sous-genres de la science-fiction Tchèque parviennent à traverser les frontières françaises et américaines. Il semble que les différentes conceptions du vraisemblable identifiables à travers ces sous-genres ne rencontrent pas le même succès d’un pays à l’autre. Il s’agit de faire une comparaison des trois contextes nationaux et de la façon dont s’expriment, s’évaluent et s’échangent ces différentes formes de vraisemblance. Quels sont les stratégies, les méthodes, les réseaux de traductions existants entre ces trois pays ? Pourquoi les acteurs de la science-fiction dans ces contextes nationaux parviennent-ils ou échouent-ils à traduire, ou à faire traduire, certains textes ? Pourquoi certains sous-genres s’imposent-ils ici plutôt que là ? Quelle conception de la vraisemblance est nécessaire dans l’écriture d’un récit de science-fiction pour lui faire traverser telle ou telle frontière ?

CV

Formation

2012— : Thèse pour le doctorat de Sociologie à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris) sous la direction de Jean-Louis Fabiani. Sujet de thèse : La Grammaire de la Vraisemblance : l’attachement à la réalité des praticiens de la science-fiction. Spécialités : Sociologie de la connaissance, Sociologie des sciences, Sociologie de l’écriture, Sociologie de la littérature, Ethnométhodologie

2009-2011 : Master de Recherche en Sociologie Générale à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris) sous la direction de Sylvie Tissot. Sujet de mémoire : Faire la mixité sociale dans le grand ensemble de Meaux : la constitution d’un problème public. Spécialités : Sociologie urbaine, Sociologie des politiques publiques, Sociologie des problèmes publics

Bourses & Invitations

2015-2016 : Visiting Fellow à l’université d’Harvard, sous la tutelle de Michèle Lamont

2014-2015 : Lauréat de la bourse « Immersion », Labex Créations, Arts et Patrimoine & Musée du quai Branly, sous la tutelle de Frédéric Keck. Objet de recherche : La dimension narrative du projet “Cultural Urban Learning Transmedia Experience”

Enseignements

2014-2017 : Chargé de cours à l’université Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Intitulé du cours : Sociologie de l’écriture

2013-2014 : Chargé de cours à l’université Paris 12. Intitulé du cours : Introduction à la Sociologie

2013-2014 : Chargé de cours à l’université Paris 13 & à l’Institut Régional du Travail Social. Intitulé du cours : Introduction à la Sociologie

Communications (sélection)

  • 2016 : « Comment la science-fiction affecte-t-elle l’activité scientifique ? L’intervention de la sphère de Dyson dans une controverse en astrophysique autour de l’étoile KIC 8462852 » – Colloque Stella Incognita, Université de Bordeaux
  • 2016 : « Elements for a Sociology of Credibility: How to Use Knowledge in Science Fiction Stories? » – Culture and Social Analysis Workshop, Department of Sociology, Harvard University
  • 2015 : « Faire dire aux objets. Images de l’activité connaissante et mise en scène dialogique du savoir par le service de la médiation culturelle du musée du quai Branly » – Séminaire Art et performance – Musée du quai Branly (Paris, France)
  • 2014 : « ‘C’est pas ça le futur’ : œuvre de science-fiction vécue par un comité éditorial » – Journées d’études Comment augmenter nos réalités ? – Musée du quai Branly (Paris, France)

Publications

  • En préparation : « Faire exister la sphère de Dyson » (titre provisoire), in Gradhiva, dossier « Un Monde peut en cacher un autre », Emmanuel Grimaud & Pierre Déléage (dir.), à venir (2018)
  • En préparation : « L’Écrire vrai dans les sciences sociales » (titre provisoire), in Zilsel, numéro 4, à venir (mars 2018)

Autres activités

2016 : Fondateur et directeur de la revue bilingue Blind SpotAngle Mort qui vise à publier des textes originaux d’écrivains de science-fiction, de chercheurs en sciences de la nature et en sciences sociales, sur des problématiques transversales, afin de comprendre la façon dont les récits de science-fiction permettent de réinterroger nos façons de produire des connaissances par l’écrit. La revue est dotée d’un comité scientifique et d’un comité de lecture. Ce dernier est composé de grands connaisseurs de la science-fiction, de bibliographes, des écrivains, d’éditeurs et de traducteurs.

  • Comité scientifique : Peter Galison (Harvard University), Stefan Helmreich (MIT), José Halloy (Paris Diderot), Roger Malina (UT Dallas), Pierre Lagrange (EHESS), Cyprien Tasset (EHESS), Marika Moïsseeff (Collège de France)
  • Comité de lecture : Patrick Creusot, Sheryl Curtis, Sylvie Denis, René-Marc Dolhen, Edward Gauvin, Fleur Hopkins, Georges Subrenat, Julien Wacquez
Facebooktwittergoogle_pluslinkedin