ADDE-VOMÁČKOVÁ Éloïse

Thèse conduite sous la double direction des professeurs : Xavier Galmiche (Paris IV) et Jean-Philippe Genet (Paris I)

Titre de la thèse
"LA CHRONIQUE DE DALIMIL ET LES DÉBUTS DE L’HISTORIOGRAPHIE NATIONALE TCHÈQUE EN LANGUE VULGAIRE".

soutenue le : samedi 25 juin 2011 ; à l’Université de la Sorbonne
salle Duroselle, Galerie J.-B. Dumas. Mention très honorable avec les félicitations du jury.

Composition du jury :

Antoine MARES, professeur, Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Jean-Philippe GENET, professeur, Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Xavier GALMICHE, professeur, Université Paris IV Sorbonne
Marie-Élisabeth DUCREUX, directrice de recherche, E.H.E.S.S.
Jean-Marie MŒGLIN, professeur, Université Paris IV Sorbonne
Martin NEJEDLÝ, docent (maître de conférence), Université Charles, Prague

résumé de la thèse :

Cette analyse s’emploie à décrypter les intentions premières de l’auteur de la Chronique de Dalimil. Elle s’interroge sur le changement radical qui se produit alors dans la manière d’écrire l’histoire et sur le passage à la langue vernaculaire (vieux-tchèque), qu’incarne ce texte majeur de l’histoire de la littérature tchèque. À travers cette source, il s’agit donc de réfléchir aux conditions de l’émergence d’une conscience collective forte, en particulier par rapport au voisin allemand et au danger qu’il représente au moment de la crise de 1306-1310, née de l’extinction de la dynastie des Přemyslides, après l’assassinat de Venceslas III. En rupture avec la production traditionnelle destinée à une audience confidentielle, dans le cadre d’une culture limitée à la sphère monastique, ce texte est clairement destiné à un public plus large. L’auteur appelle les Tchèques, qu’il circonscrit en réalité à la seule noblesse, à se mobiliser pour préserver leur nation, mais aussi à prendre garde aux dérives absolutistes que comporte le pouvoir du souverain, en particulier à partir du règne de Přemysl Ottokar II (1253-1278). Dans une société qui ne reconnaît pas encore le politique comme un champ bien distinct, l’histoire, l’appropriation d’un passé commun, est la matière privilégiée par les auteurs désireux de formuler un programme politique. Cette étude s’interroge alors sur le décalage entre les visées premières de l’auteur, tendues essentiellement par le double projet de préservation de la souveraineté nationale et de proposition d’un idéal de gouvernement, et une réception de plus en plus restreinte de son œuvre, tendant à en limiter la portée à ses mots nationalistes et germanophobes.